domingo, 28 de junio de 2026

Presses universitaires de Rennes Ce document est réservé à un usage privé Il ne peut être transmis sans autorisation de l'éditeur By Emanuele Greco

https://www.academia.edu/169228567/Presses_universitaires_de_Rennes_Ce_document_est_r%C3%A9serv%C3%A9_%C3%A0_un_usage_priv%C3%A9_Il_ne_peut_%C3%AAtre_transmis_sans_autorisation_de_l%C3%A9diteur?email_work_card=title On a pu constater, à bon droit, qu'aucune agora n'est connue avant le vi e siècle 1. Mais il faut tout de suite préciser : dans la mère patrie, c'est-à-dire en Grèce continentale, car dans le monde colonial, en particulier en Occident, nous disposons de quelques exemples d'agorai plus anciennes, même si, à bien y regarder, elles ne sont plus anciennes que de quelques décennies. Par conséquent, on peut dire que nous n'en connaissons pas du point de vue archéologique avant la deuxième moitié du vii e ou avant le début du vi e siècle. C'est la période à partir de laquelle se forme, graduellement, l'entité fondamentale, sur le plan urbanistique et architectural, de la polis, entité qui constitue l'un des aspects les plus déterminants, du point de vue spatial, dans la définition de l'identité grecque. Ce point apparaît tout spécialement chez les auteurs de l'Antiquité dans le cadre de situations variées. Par exemple, Homère, pour caractériser les Cyclopes comme des êtres sauvages et privés d'humanité, affirme qu'ils ne possèdent pas les agorai boulèphoroi (« les assemblées porteuses de conseil » : ici agora est à prendre dans sa signification originelle d'assemblée) 2. De même, Hérodote veut expliquer pourquoi les Perses, des barbares, n'ont pas d'agora : il reprend le propos de Cyrus le Grand d'après lequel il ne fallait pas redouter des hommes qui ont un lieu consacré au centre de la cité où ils se réunissent pour s'embrouiller les uns avec les autres 3. Mais le témoignage encore plus éclairant, car précisément énoncé à propos d'une cité grecque, reste celui de Pausanias, qui constate avec ironie que Panopée en Phocide est qualifiée de cité alors qu'elle ne possède pas d'agora (ni de bureaux de magistrats, ni de gymnase, ni de théâtre) 4. En somme, une cité ne peut se dire grecque si elle n'a pas d'agora, et parce qu'également, les non-Grecs n'en ont aucun besoin et n'en prévoient donc pas la présence dans leurs villes. À dire vrai, Xénophon, en parlant des Perses, laisse deviner chez eux la présence d'un lieu défini comme une agora libre, à proximité des palais du pouvoir 5 : les Perses gardent pourtant loin de ce lieu les marchands et leur tapage, et une telle place n'est en rien comparable à l'agora d'une cité grecque qui est indiscutablement le lieu de la « parole politique » ou qui-pour user de l'heureuse formule de C. Ampolo-, est un espace chargé de « symbolisme politique, de communication et de mémoire 6 ». ...

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