sábado, 24 de octubre de 2026

Festivals étatiques au Mali (1960-1988) : la fabrique du patrimoine et la construction d'une souveraineté culturelle nationale European Scientific Journal ESJ

https://www.academia.edu/179341970/Festivals_%C3%A9tatiques_au_Mali_1960_1988_la_fabrique_du_patrimoine_et_la_construction_dune_souverainet%C3%A9_culturelle_nationale Au Mali, l’utilisation des festivals comme instruments de diffusion culturelle et de consolidation de l’identité nationale par l’État débute en 1962. Pourtant, au regard de cette mise en œuvre, on constate qu’aucun diagnostic de leur apport en tant que vecteurs de promotion patrimoniale et de souveraineté nationale n’a pas été réalisé. Pour combler cette lacune, cet article cherche à comprendre en quoi les festivals organisés entre 1962 et 1988 ont constitué des outils de politiques culturelles et de souveraineté. L’étude adopte une approche qualitative, historique et diachronique, fondée sur la réalisation de 18 entretiens semi-directifs avec des acteurs institutionnels et culturels. Une analyse documentaire (archives, littérature scientifique et médias) a été réalisée, suivie d’un traitement thématique des données à l’aide du logiciel NVivo14. Les résultats montrent que les Semaines Nationales de la Jeunesse (SNJ) ont constitué un outil idéologique majeur du régime socialiste, favorisant le patriotisme, l’unité nationale et la revalorisation des cultures locales. Elles ont également permis de contrôler la jeunesse et d’uniformiser les cultures locales afin de construire une identité culturelle nationale. Quant à la Biennale Artistique, Culturelle et Sportive (BACS), elle a prolongé cette dynamique en encourageant la formation artistique, la découverte de talents et le brassage socioculturel, malgré une instrumentalisation politique et des tensions liées à la politisation et à l’usage abusif de certaines activités à la fin des années 1980. En conclusion, ces festivals ont joué un rôle central dans la construction identitaire et la cohésion sociale, bien qu’ils révèlent des limites. In Mali, the use of festivals as instruments for cultural dissemination and the consolidation of national identity originated in 1962. Nevertheless, despite their implementation, a formal assessment evaluating their contribution as vectors for heritage promotion and national sovereignty remains lacking. To address this gap, this article examines how the festivals organized between 1962 and 1988 served as instruments of cultural policy and state sovereignty. The study employs a qualitative, historical, and diachronic methodology based on eighteen semi-structured interviews with institutional and cultural actors. This empirical fieldwork was supplemented by a documentary analysis – encompassing archives, academic literature, and media sources – followed by thematic data processing using NVivo 14 software. The findings reveal that the National Youth Weeks (NYW) functioned as a major ideological apparatus for the socialist regime, promoting patriotism, national unity, and the revitalization of local cultures. Furthermore, these events facilitated state oversight of youth populations and the standardization of local traditions to construct a unified national identity. Subsequently, the Artistic, Cultural, and Sports Biennale (SACSB) sustained this trajectory by enhancing artistic training, talent discovery, and sociocultural integration, despite political instrumentalization and emerging tensions stemming from over-politicization and the misuse of certain activities toward the end of the 1980s. In conclusion, while these state-sponsored festivals exhibited clear political limitations, they ultimately played a pivotal role in identity formation and social cohesion.

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